Accueil  >  Manifestations  >  Colloques  >  Atelier "Anthropologie et vie des objets. Quelle vie pour les artefacts (...)

Atelier "Anthropologie et vie des objets. Quelle vie pour les artefacts ?"

"Singularités, dispositifs et formes de présentification dans les mondes anciens"

Dans le cadre du programme de recherche « Anthropologie et historiographie des polythéismes anciens », atelier international organisé dans le cadre de la coopération entre PSL et Columbia University, sous la responsabilité de Manon Brouillet (ANHIMA) et de Cléo Carastro (EHESS) :
 
“Anthropologie et vie des objets. Quelle vie pour les artefacts ?
Singularités, dispositifs et formes de présentification dans les mondes anciens”

 
Jeudi 15 décembre 2016 de 9h-13h
Salle Mariette, INHA
 
9h-11h15 :
Verity Platt (Cornell University) : “Orphaned Objects : The Phenomenology of the Incomplete in Pliny’s Natural History.”
Deborah Steiner (Columbia University) : “Un chœur de colonnes ? Chanter et danser les dieux et l’architecture du temple de la Grèce archaïque.”
Paraskevi Martzavou (Columbia University) : “Objets cherchés/objets trouvés : Materiality and Religious Change in Late Hellenistic Anaphe.”
 
11h30-13h :
Table ronde animée par Manon Brouillet et Cléo Carastro, avec Vincent Azoulay (UPEM), Claude Calame (EHESS), Pierre Judet de La Combe (EHESS), Agnès Kedzierska-Manzon (U. Toulouse Jean-Jaurès), François Lissarrague (EHESS), Gabriella Pironti (EPHE), François de Polignac (EPHE), Suzanne Saïd (Columbia University) et Madalina Vartejanu-Joubert (INALCO).
 
Depuis les travaux en anthropologie économique sur la vie sociale des objets (Appadurai 1986), l’analyse de la circulation et de l’échange des biens matériels a connu un renouvellement notable dans les sciences sociales, mais aussi en histoire de l’art. La question d’une deuxième vie des objets a alors émergé autour des questions du
réemploi ainsi que des pratiques muséales. On a ainsi pu éclairer la manière dont la muséographie avait conditionné notre rapport aux objets antiques. Replaçant ces objets dans leur contexte, T. Holscher (2014) a insisté sur l’opportunité de parler d’une vie avec les images, c’est-à-dire une vie sociale dans laquelle les images sont des médiateurs de relations. On peut alors se demander comment sortir d’un paradigme où les objets sont
pensés comme de simples instruments, séparés ontologiquement des sujets humains. En suivant M. Merleau-Ponty (1996), on peut considérer que la présence des objets, qui sont donnés dans un « horizon de monde », s’effectue par le corps en action.
En s’astreignant à ne pas faire de la distinction entre processus vitaux et procédés techniques la pierre de touche entre artefacts et êtres vivants (Pitrou 2016), nous proposons d’adopter une approche anthropologique qui permette de définir ce que signifierait, pour des artefacts, avoir une vie. Cela suppose de considérer les objets
comme doués d’une agentivité propre. Il s’agit d’explorer les phénomènes, dispositifs et contextes permettant de donner vie à un artefact. La question de l’activation permet de reconsidérer les gestes qui entourent l’objet. Que se passe-t-il quand l’artefact est augmenté, modifié, caché ou au contraire dévoilé ? Quelles sont les stratégies
énonciatives et visuelles qui l’accompagnent ?
Dans cette perspective, l’artefact ne sera pas pensé en tant qu’objet clos et fini mais en lien avec un environnement sensible qu’il suscite ou par lequel il est affecté. L’objet qui est vu peut être à son tour doté d’yeux, l’objet qui est destinataire d’une parole peut être locuteur. Dans le cadre de cet atelier, on se propose de centrer l’attention sur des études de cas, à partir de l’analyse d’artefacts aussi variés que des amulettes, des statues, des
peintures, des instruments de musique, des vases, ou encore des stèles.

Mentions légales  | Contact | ©ANHIMA 2010 | Se connecter  |
Logo CNRS Logo EHESS Logo EPHE Logo Paris I Logo Paris VII